La consultation publique sur la Stratégie nationale pour le cloud, organisée du 26 mai au 26 juin 2026, vise à adapter la politique française aux besoins actuels du secteur tout en renforçant la souveraineté numérique et la préférence européenne. L’association Green IT a répondu aux interrogations étatiques, et partage ici sa vision, mettant notamment l’accent sur la soutenabilité environnementale et la réduction des dépendances.
➥ Lire la réponse complète de Green IT à la consultation publique « Stratégie nationale pour le cloud »
Synthèse de la réponse Green IT vis-à-vis des enjeux du cloud national
1. Priorités technologiques à court et moyen terme
Green IT recommande de soutenir en priorité :
- L’interopérabilité, la portabilité et la réversibilité pour garantir la liberté de choix des utilisateurs et la cohérence avec le Data Act européen.
- Les logiciels libres et open source stratégiques, essentiels pour la souveraineté, la transparence et la durabilité.
- Les technologies d’IA frugale, pour limiter l’explosion des besoins en calcul et leurs impacts environnementaux, et éviter une croissance non-maîtrisée.
- La prise en compte explicite des effets rebond potentiels.
- Les outils de mesure environnementale du cloud, basés sur l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), la méthode PEF et les PCR numériques, afin d’éviter des indicateurs hétérogènes, et permettre de définir une trajectoire de réduction des impacts environnementaux.
À horizon cinq ans, Green IT propose de faire émerger un quatrième pilier de la stratégie nationale1 : la soutenabilité environnementale, englobant infrastructures sobres en énergie, mutualisation des ressources, réduction des métaux critiques, allongement de la durée de vie des équipements et écoconception des services cloud et IA.
2. Optimisation des dispositifs de soutien
Dans le cadre de France 20302, les soutiens publics devraient ainsi :
- Intégrer systématiquement des critères environnementaux harmonisés et vérifiables.
- Favoriser la diffusion de l’open source, l’écoconception et la réduction des dépendances matérielles.
- Exiger des ACV multicritères alignées sur la méthode PEF, ainsi qu’une évaluation des effets rebonds et des trajectoires de réduction d’impact.
Green IT suggère également de créer :
- Un programme national “Cloud et IA frugaux” pour financer l’innovation écologique.
- Un soutien à la mesure environnementale standardisée via des données robustes et harmonisées.
- Un bonus environnemental pour les projets à performance démontrée.
- Des dispositifs pour les communs numériques et l’open source stratégique.
- Une ouverture aux petites structures spécialisées, souvent exclues des financements.
3. Renforcement de la législation
Green IT souhaite une application renforcée du Data Act afin de favoriser l’interopérabilité et la réversibilité, et conditionner les aides publiques à des démonstrations de performance environnementale vérifiables.
Green IT plaide pour l’harmonisation et l’intégration de critères environnementaux dans les certifications cloud européennes (EUCS, CADA), avec une obligation de transparence.
Il s’agit de faire de la soutenabilité environnementale un critère obligatoire du cloud de confiance.
4. Compétences et formation
Green IT souligne la nécessité de former l’ensemble des acteurs du numérique – techniciens, décideurs, acheteurs et chefs de projet – aux enjeux environnementaux dans le cloud et l’IA. Cette montée en compétence qui ne doit pas se limiter aux seuls profils techniques est un levier clé pour une souveraineté numérique véritablement durable.
La soutenabilité environnementale au cœur de la transformation numérique
En résumé, Green IT insiste sur l’importance d’ancrer la stratégie nationale cloud dans une démarche de souveraineté numérique et environnementale, en soutenant les technologies frugales, l’open source stratégique, la mesure d’impact multicritère et l’écoconception.
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- Les trois piliers de la stratégie 2021 sont : le cloud de confiance ; la transformation de l’État ; et le soutien à l’offre française. ↩︎
- Le plan France 2030, doté de 54 milliards d’euros, vise à rattraper le retard industriel français et à soutenir la transition écologique. Il poursuit 10 objectifs pour mieux produire, mieux vivre et mieux comprendre le monde d’ici 2030, en misant sur l’innovation et la décarbonation. Déjà, 21 milliards d’euros ont été engagés, créant ou maintenant 40 000 emplois. ↩︎